Trous dans les murs : que faire à l’état des lieux de sortie ?
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Lorsque les températures sont caniculaires, certains logements surchauffent. Or, la qualité de vie et la santé des locataires sont fortement impactées dans les bouilloires thermiques. Avec le changement climatique, les travaux de rénovation ne doivent plus uniquement tenir compte du confort d’hiver, mais également du confort d’été. Plusieurs solutions existent à ce titre pour limiter la hausse des températures dans un logement.
Le souvenir de la canicule que la France a connue du 17 au 28 juin 2026 vous donne des sueurs froides ? Et pas seulement à cause de la température extérieure, qui a frôlé (et parfois même dépassé) les 40 degrés ? Comme de nombreux locataires, pendant ces 10 jours de chaleur extrême, vous vous êtes peut-être rendu compte que votre appartement ou votre maison, que vous pensiez pourtant bien isolé, était en réalité une bouilloire thermique.
Alors que le risque de revivre une canicule aussi sévère est élevé à cause du changement climatique, les occupants des bouilloires thermiques cherchent des solutions :
L’équipe de Garantme vous donne des pistes pour limiter la hausse de la température dans votre logement si vous êtes concerné.
La bouilloire thermique est un logement où la température dépasse 28 °C pendant la journée et 26 °C pendant la nuit en période de vague de chaleur. On considère alors que le logement est invivable. De plus, au-delà de l’inconfort thermique ressenti par les occupants, il existe un impact réel sur la santé, notamment pour les plus fragiles.
Les passoires thermiques sont des logements étiquetés F ou G au DPE. Mal isolés, ils sont très énergivores en hiver et les déperditions de chaleur forcent les occupants à beaucoup chauffer pour un confort limité (sans parler des factures d’énergie très élevées).
Toutefois, si les passoires thermiques sont des bouilloires thermiques, l’inverse n’est pas toujours vrai. En effet, comme le souligne Corinne Joly, PDG de pap.fr : « Vous pouvez avoir un DPE A et être en bouilloire thermique. On estime même qu’il y a 30 % des logements A qui sont des bouilloires thermiques. ».
Le 24 juin 2026, Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, a présenté son projet de loi visant à remettre les passoires thermiques étiquetées G et F au DPE sur le marché locatif, à condition que les propriétaires bailleurs s’engagent à les rénover.
Cette réforme, qui veut résoudre la crise du logement en France, a réellement fait grincer des dents à l’heure où la canicule faisait rage. Ainsi, Nicolas Nace, chargé de campagne Transition Énergétique chez Greenpeace, s’est indigné en rappelant que « des centaines de milliers de locataires, pour la plupart modestes, souffrent de la canicule dans des logements insalubres, surchauffés et invivables, mais le gouvernement, déjà responsable de leur situation, choisit de reporter des travaux qui pourraient améliorer leur vie quotidienne ».
Les passoires thermiques sont difficiles à chauffer en hiver et ont tendance à surchauffer en été lorsque le thermomètre s’affole, à cause du manque d’isolation. Mais alors pourquoi certains logements, classés A ou B au DPE, deviennent également des fournaises pendant les fortes chaleurs ?
Corinne Joly explique : « On isole les appartements pour l’hiver, mais si on laisse des ouvertures qui laissent rentrer la chaleur, l’isolation marche dans les deux sens et donc l’isolant va empêcher la chaleur de sortir ».
Autrement dit, les travaux de rénovation énergétique peuvent accentuer le phénomène de bouilloire thermique, car les isolants sont pensés pour le confort d’hiver et non pour le confort d’été. Ainsi, un appartement fraîchement rénové et agréable à vivre en hiver peut se transformer en four pendant l’été, si ses murs retiennent la chaleur.
Le confort d’été n’est pas un indicateur retenu pour le DPE. En effet, il est observé selon la norme RE 2020, ce qui explique pourquoi une maison classée A peut être très inconfortable pendant les vagues de chaleur.
Le groupe Écologiste et Social a demandé que l’indicateur du confort d’été soit intégré au calcul du DPE dans une proposition de loi déposée en juillet 2025. Co-signée par plus de 150 députés de huit groupes parlementaires, cette dernière n’était toujours pas à l’ordre du jour fin juin 2026.
Est-il possible de limiter la température dans une bouilloire thermique ?
Oui, à condition de ne pas tout faire reposer sur les locataires. Les propriétaires bailleurs doivent investir dans des travaux de rénovation pour une meilleure isolation en été.
Le plus efficace pour limiter la surchauffe dans une bouilloire thermique reste les travaux de rénovation :
Ainsi, si le logement n’en est pas équipé, un propriétaire peut faire installer des volets, des stores ou des brise-soleil pour protéger du rayonnement solaire. Le locataire pourra alors fermer ses stores ou ses volets en journée pour éviter de faire entrer la chaleur.
Il a fait beaucoup trop chaud chez vous lors de la dernière canicule et vous vous inquiétez des prochaines vagues de chaleur ?
Voici quelques techniques pour limiter sans travaux la hausse de la température dans une bouilloire thermique :
Votre propriétaire refuse d’installer une climatisation dans votre maison ou votre appartement en location ? La seule solution envisageable qu’il vous reste est d’installer un climatiseur mobile. Moins efficace qu’une vraie climatisation et plus énergivore, il est néanmoins très utile pour gagner de précieux degrés.
Malheureusement, en France, la réglementation actuelle n’impose aucun seuil maximal de température dans les logements. Ainsi, la chaleur excessive n’est pas un critère d’indécence, à l’inverse du froid.
C’est pourquoi il n’est aujourd’hui pas possible d’obliger un propriétaire à engager des travaux de rénovation pour améliorer l’isolation d’une bouilloire thermique lors des fortes chaleurs. Il n’est pas non plus tenu de faire installer la climatisation, même si le locataire en fait la demande.
Le décret du 30 janvier 2002 prévoit qu’un logement doit impérativement posséder des fenêtres qui s’ouvrent ainsi qu’une ventilation pour être considéré comme décent. Le décret du 29 juillet 2023 du Code de la santé publique exige quant à lui l’installation de volets dans les pièces dédiées au sommeil.
Bon à savoir : Un locataire peut toutefois signaler son logement au service communal d’hygiène et de santé (SCHS) ou à l’Agence régionale de santé (ARS). Ils peuvent contraindre le propriétaire à réaliser des travaux de rénovation dans 3 cas :
Vous êtes locataire d’une bouilloire thermique ? Contactez votre propriétaire au plus vite pour discuter des améliorations à prévoir dans votre logement et retrouver du confort chez vous, même en cas de forte chaleur.
Les autorités sanitaires (SCHS ou ARS) interviennent uniquement en cas de risque avéré pour la santé, comme une température dépassant 30°C en continu, et une absence totale de ventilation ou de volets dans les chambres. Un signalement peut déclencher une mise en demeure du propriétaire pour des travaux urgents.
Oui, des dispositifs comme MaPrimeRénov’ ou les primes CEE (Certificats d’Économies d’Énergie) peuvent financer des travaux améliorant le confort estival (stores, ventilation double flux, végétalisation). Certaines collectivités locales proposent aussi des subventions spécifiques.
Mesurez la température intérieure en journée (idéalement entre 14h et 16h) et la nuit. Si elle dépasse 28°C le jour et 26°C la nuit sans climatisation, votre logement est concerné. Un thermomètre hygromètre connecté peut aider à suivre ces données.
Pas systématiquement. La RE 2020 impose des normes pour le confort d’été, mais leur application varie. Certains logements neufs mal conçus (grandes baies vitrées sans protection, isolation mal adaptée) peuvent aussi devenir des bouilloires thermiques. Vérifiez l’orientation et les matériaux lors de l’achat ou de la location.
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