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TVA location touristique : ce qui risque de changer

Rédigé par Équipe garantme | 2 janv. 2026 08:00:00

Le projet de loi de finances pour 2026 prévoit d’abaisser le seuil d’exonération de TVA pour les locations touristiques. Vous êtes propriétaire d’un meublé saisonnier et vous craignez que la fin de cette niche fiscale impacte votre activité ? On vous explique comment vous adapter à cette nouvelle fiscalité.

Un abaissement du seuil d’exonération de la TVA prévu pour 2026

Les locations touristiques ne sont actuellement pas soumises à la TVA. Seuls les loueurs qui proposent au moins trois de ces quatre prestations doivent la collecter :

  • Fourniture du petit-déjeuner ;
  • Nettoyage des locaux ;
  • Fourniture du linge de maison ;
  • Accueil des clients.

Cependant, les propriétaires qui offrent trois de ces quatre services sont exonérés de TVA si leur chiffre d’affaires annuel est inférieur à 85 000 euros.

Néanmoins, le projet de loi de finances de 2026 prévoit d’abaisser le seuil de franchise à 37 500 euros. Si une première diminution du plafond d’exonération avait déjà été envisagée pour le budget 2025 (à l’époque, il était question de passer de 85 000 à 25 000 euros), le gouvernement avait finalement abandonné la mesure.

Concrètement, l’évolution de la niche fiscale concerne les propriétaires d’un meublé de tourisme proposé en location pour une durée inférieure à 90 jours consécutifs par an.

Elle s’appliquera aux propriétaires qui louent à une clientèle de passage :

  • Leur résidence principale quand ils sont absents ;
  • Leur résidence secondaire quand elle est inoccupée ;
  • Un logement qu’ils ont acheté et qu’ils n’occupent pas (investissement locatif).

TVA sur les locations touristiques : quelles conséquences pour les bailleurs ?

Le taux de TVA sur les locations touristiques est actuellement de :

  • 2,10 % en Corse, en Martinique, en Guadeloupe et à La Réunion ;
  • 10 % sur le reste de la France (hors Mayotte et Guyane).

Une hausse des tarifs ou une baisse de la rentabilité

Aujourd’hui, lorsque vous louez un appartement 100 euros la nuit à Paris, Marseille ou Annecy, vous générez 100 euros de revenus nets. Mais si vous êtes soumis à la TVA, vous devez reverser 10 euros à l’État. Votre gain ne sera donc plus que de 90 euros.

Deux solutions s’offrent alors à vous :

  • Répercuter la TVA sur vos prix et augmenter le tarif de votre nuitée en conséquence. Cela vous permet de maintenir vos recettes, mais votre offre risque d’être moins attractive.
  • Ne pas modifier vos prix. Dans ce cas, votre marge sera réduite et votre rentabilité locative sera moins élevée.

Un alourdissement des démarches administratives

L’assujettissement à la TVA implique aussi de nouvelles démarches administratives. Le propriétaire devra notamment :

  • Collecter la TVA pour chaque réservation ;
  • Émettre des factures conformes et les conserver ;
  • Tenir une comptabilité adaptée ;
  • Déclarer et reverser sa TVA à l’État (chaque mois ou chaque trimestre).

Même si les plateformes, comme AirBnB, Abritel ou Leboncoin, mettent en place des outils pour faciliter la gestion des biens immobiliers, cela représente une charge de travail supplémentaire non négligeable.

Que faire si mon chiffre d’affaires dépasse le plafond d’exonération ?

Si votre chiffre d’affaires dépasse 37 500 euros par an, vous devez repenser votre stratégie d’investissement.

Proposer au plus deux services parahôteliers

Si vous ne proposez qu’un ou deux services parahôteliers sur les quatre cités par la loi, vous n’êtes pas assujetti à la TVA. Pour rappel, l’État considère que vous :

  • Fournissez le linge de maison si des draps et des serviettes sont disponibles à l’entrée dans les lieux, même s’ils ne sont pas renouvelés pendant le séjour ;
  • Fournissez le ménage, même s’il est fait uniquement à l’entrée des lieux du locataire pour les séjours de 5 nuitées ou plus ;
  • Accueillez les clients si vous leur donnez la possibilité d’un accueil physique à la place de la boîte à clé ou de l’application de serrure connectée.

Vous pouvez donc demander aux clients d’apporter leurs draps ou ne plus proposer de rencontre pour la remise des clés, afin de n’assurer que deux services sur quatre.

Sachez enfin que, si vous faites appel à un prestataire pour le ménage, l’accueil ou le petit-déjeuner, l’État considère que vous offrez ce service. En revanche, si vous communiquez une liste de prestataires à votre locataire (par exemple, pour faire le ménage pendant leur séjour) et qu’il choisit d’y recourir, la loi estime que vous ne fournissez pas le service en question.

Récupérer la TVA

La TVA est une taxe récupérable. Vous pouvez donc déduire du montant collecté pour vos nuitées la taxe versée pour les dépenses liées à l’exploitation de votre bien immobilier, à l'image :

  • Des travaux ;
  • De l’achat de meubles ;
  • De l’entretien ;
  • Des frais des plateformes de réservation.

Récupérer la TVA peut évidemment vous permettre de limiter la hausse de vos tarifs et la baisse de votre rentabilité locative.

Exemple : entre le 1er juillet et le 30 septembre, vous collectez 1 500 euros de TVA. Sur la même période, vous réglez 250 euros de TVA pour du mobilier et 600 euros pour du ménage, soit 850 euros déductibles. Vous ne reversez donc que 650 euros (1 500 - 850) à l’État.

Mais attention ! Avec le statut de loueur en meublé non professionnel (LMNP), vous devez déclarer vos revenus au régime réel pour récupérer la TVA. Vous ne pouvez donc pas la déduire si vous avez choisi le micro-BIC et l’abattement forfaitaire.

Revoir votre stratégie d’investissement

Face à la multiplication des règles (demande de permis de louer, restriction du nombre de nuitées annuelles) et à la disparition de certains avantages fiscaux, il est peut-être temps de réévaluer votre stratégie d’investissement.

Si la location saisonnière devient moins rentable et trop compliquée à gérer, vous pouvez envisager de convertir votre meublé en location longue durée. Optez par exemple pour un bail mobilité, qui vous permet de conserver une certaine flexibilité. Et si le rendement est votre priorité, pensez à la colocation ou au coliving, notamment si la typologie de votre bien s’y prête (maison, villa, grand appartement).

 

En résumé, le gouvernement prévoit d’abaisser le seuil de franchise de TVA pour les locations touristiques meublées. Les propriétaires vont donc devoir collecter une taxe de 10 % sur chaque nuitée. Mais il est possible de limiter les conséquences de cette mesure en adaptant son offre, voire en revoyant son statut ou sa stratégie d’investissement.