Préparer sa retraite avec une SCI familiale facilite la gestion et la transmission du patrimoine immobilier tout en générant d’éventuels revenus locatifs complémentaires. En effet, cette structure favorise la donation progressive des parts sociales aux héritiers. Toutefois, elle implique aussi des obligations en matière de gestion ainsi qu’une responsabilité des associés qui doit être anticipée.
Un sondage mené en novembre 2025 par Kantar pour Iroko révèle que 74 % des Français sont inquiets au sujet du maintien de leur niveau de vie après le départ à la retraite. Parmi les répondants, 3 sur 10 expriment également leur volonté de se constituer un revenu complémentaire régulier pour préparer au mieux leurs besoins futurs qui évoluent avec l’âge. Et c’est vers la valeur refuge qu’est l’immobilier que 62 % des Français ont décidé de se tourner, parfois en complément d’autres placements comme le PER.
En fin de carrière, vous envisagez de créer une SCI familiale pour anticiper votre retraite ? Comme l’explique la Chambre des notaires de Paris : « En fonction du contexte familial, des projets de chacun et de la typologie de son patrimoine, la SCI peut se révéler une solution pertinente de transmission, à condition de définir précisément en amont ses objectifs et son fonctionnement. ».
On vous explique tout ce qu’il faut savoir sur la SCI familiale avant de se lancer.
La société civile immobilière (SCI) est une structure juridique permettant à un groupe de personnes de détenir et de gérer un bien immobilier en commun. Lorsque les associés appartiennent à la même famille, on parle de SCI familiale.
Le fonctionnement de la SCI familiale est plus souple que celui de l’indivision classique.
En effet, chaque membre effectue un apport en capital et reçoit en contrepartie des parts sociales. Dans le même temps, un gérant est désigné pour faciliter le pilotage des décisions courantes, notamment lorsque le bien est loué.
En pratique, la SCI familiale est un outil de gestion intéressant pour les propriétaires qui souhaitent compléter leurs revenus dès leur départ à la retraite, tout en organisant progressivement la transmission de leur patrimoine immobilier.
Le principal avantage fiscal de la SCI familiale concerne la succession.
En effet, la SCI facilite la transmission du patrimoine en permettant de donner progressivement des parts sociales plutôt qu'un bien immobilier dans son ensemble. Cette souplesse permet d'utiliser plus facilement les abattements fiscaux applicables aux donations entre parents et enfants.
De plus, dans certaines situations, une donation progressive des parts sociales permet de réduire, voire d’éviter, les droits de mutation grâce aux abattements renouvelables tous les 15 ans.
Elle présente également d’autres avantages fiscaux :
L’investissement locatif est intéressant pour générer des revenus complémentaires en fin de carrière et à la retraite.
Toutefois, la SCI familiale est également une stratégie judicieuse quand on cherche à organiser la transmission de son patrimoine. En effet, il est préférable de faire une donation de parts sociales plutôt qu’une donation en direct d’un bien. Comme le rappelle le notaire Aurélien Daudé : « C’est plus facile de transmettre une part, deux parts, cinq parts d’une SCI que 0,34 % d’un bien immobilier ».
La SCI permet également d’éviter l’indivision, qui a tendance à générer des désaccords entre les héritiers. En effet, ici, la gestion est centralisée sous une seule entité, ce qui permet de préserver l’entente entre les héritiers et donc de maintenir le bien immobilier dans la famille sur plusieurs générations.
Attention, la création d’une SCI familiale n’est pas sans contraintes.
Ainsi, les associés sont responsables des dettes de la société immobilière, à hauteur de leurs parts et leur patrimoine personnel peut être engagé en cas de difficulté financière.
De plus, les obligations de gestion de la SCI, telles que la tenue d’une comptabilité et d’une assemblée générale annuelle, ou encore la rédaction des statuts, demandent à la fois du temps et des compétences. Il est néanmoins possible de se faire accompagner par des professionnels ou même de déléguer la gestion pour éviter les erreurs qui pourraient impacter la SCI familiale.
La préparation de votre départ à la retraite vous fait envisager la création d’une SCI familiale ? Dans ce cas, nous vous conseillons de ne pas vous précipiter.
Prenez le temps de faire réaliser un bilan patrimonial complet par un professionnel pour évaluer toutes les options qui s’offrent à vous. Si la mise en place d’une SCI familiale est une stratégie cohérente avec votre projet d’investissement locatif rentable, vous pourrez ainsi être accompagné à chaque étape. Cela vous permettra notamment d’éviter certaines erreurs.
Par exemple, choisir l’impôt sur les sociétés au lieu de l’impôt sur le revenu, par défaut, alors qu’il vaut mieux faire son choix au cas par cas. En effet, l’IR est intéressant pour bénéficier du régime des plus-values des particuliers, là où l’IS est à privilégier si vous souhaitez capitaliser les bénéfices dans la SCI.
Bien que la SCI familiale soit une solution judicieuse, d’autres solutions complémentaires peuvent être mises en œuvre pour vous aider à préparer votre retraite sans attendre la fin de votre carrière :
En associant la SCI familiale au PER ou à l’assurance-vie, vous aurez toutes les clés en main pour anticiper et préparer au mieux votre retraite.
Oui, une SCI familiale peut posséder des biens immobiliers à l'étranger, mais cela complexifie la gestion fiscale. Il faut anticiper les conventions fiscales entre la France et le pays concerné pour éviter une double imposition. Un expert-comptable international est souvent nécessaire pour structurer ce type d'investissement.
Une SCI familiale implique une gestion active du patrimoine immobilier par les associés, tandis qu'une SCPI externalise cette gestion à une société spécialisée. La SCPI offre une liquidité plus élevée et une diversification automatique, mais avec des frais de gestion plus élevés et moins de contrôle sur les biens détenus.
Il est possible d'intégrer des clauses spécifiques dans les statuts de la SCI, comme un droit de jouissance ou un usufruit viager au profit du conjoint survivant. Une alternative consiste à combiner la SCI avec une donation entre époux ou un testament pour sécuriser sa position sans alourdir la fiscalité.
En cas de divorce, les parts sociales de la SCI peuvent être considérées comme des biens communs et faire l'objet d'un partage. Pour limiter les risques, il est conseillé d'inclure une clause d'agrément dans les statuts ou d'opter pour un régime matrimonial adapté (séparation de biens) avant la création de la SCI.