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Que faut-il attendre de la mission sur les impayés de loyer ?

Rédigé par Équipe garantme | 6 juil. 2026 07:00:01

Le ministre du Logement a lancé une mission gouvernementale sur les impayés de loyer et les relations entre locataires et propriétaires, dans le but de faire évoluer la loi du 6 juillet 1989. Si ses conclusions ne sont pas encore connues, ladite mission est déjà très critiquée.

Le ministre du Logement continue de s’attaquer aux difficultés du marché locatif privé. Après le plan Relance logement, Vincent Jeanbrun mandate une mission gouvernementale sur les impayés de loyer et les relations entre locataires et propriétaires. L’objectif ? Identifier les évolutions législatives pour restaurer la confiance entre occupants et bailleurs.

À quoi sert la mission gouvernementale sur les impayés de loyer ?

Le ministre du Logement a demandé à un groupe de travail d’identifier les évolutions législatives nécessaires pour restaurer la confiance entre propriétaires et locataires.

Plusieurs problématiques doivent être examinées selon la lettre de mission :

  • Les difficultés d’accès des locataires au parc locatif privé ;
  • La nécessité de fluidifier les conditions d’entrée et de sortie dans les logements ;
  • Le traitement des situations d’occupation illégale après une entrée licite dans les lieux ;
  • La gestion des locataires de mauvaise foi ;
  • Les difficultés rencontrées par les bailleurs face aux impayés de loyers et aux dettes locatives.

L’ambition du gouvernement est d’apporter des réponses concrètes à des problématiques qui pèsent aujourd’hui sur le fonctionnement du marché locatif et de réformer la loi du 6 juillet 1989 sur les rapports entre propriétaires et locataires.

Pourquoi commander une telle mission maintenant ?

Plusieurs signaux convergent et expliquent cette initiative gouvernementale.

Une offre de logement insuffisante

Le marché locatif est actuellement sous tension. Le nombre de biens proposés à la location ne cesse de diminuer et les stocks disponibles sont insuffisants pour répondre à la demande. À Paris, par exemple, le nombre de logements à louer n’a jamais été aussi bas : il a baissé de 67 % en 2021 et 2026*. Les baux d’habitation nus se font rares et la tension locative reste très importante dans le reste de la France.

Une hausse des expulsions et des impayés de loyer

Selon les données de la Chambre nationale des commissaires de justice, le nombre d’expulsions locatives a augmenté de 27 % entre 2024 et 2025.

Si une partie de cette hausse peut être imputée à la loi anti squat qui a durci la procédure, les commissaires de justice relèvent également :

  • Une hausse de 2,4 % des commandements de payer émis suite à un loyer impayé ;
  • Une hausse de 11,7 % des départs « à la cloche de bois» (quand le locataire part sans prévenir le propriétaire). **

Ces indicateurs témoignent des difficultés croissantes rencontrées :

  • Par les locataires pour régler leur loyer ;
  • Par les bailleurs pour recouvrer les sommes dues et gérer les situations contentieuses.

Restaurer la confiance des investisseurs privés

Au-delà de la question des impayés, le gouvernement cherche à renforcer l’attractivité de l’investissement locatif.

De nombreux propriétaires estiment désormais que les risques financiers, administratifs et juridiques liés à la location se sont accrus. Et cette perception contribue à détourner certains investisseurs du marché locatif traditionnel et à accentuer la pénurie de logements disponibles.

La mission s’inscrit ainsi dans une réflexion plus large pour relancer l’offre locative privée (comme la création du statut du bailleur privé, par exemple).

Ce qui pourrait changer pour les propriétaires

Les conclusions officielles seront connues le 15 juillet, mais plusieurs pistes de travail ont déjà été évoquées :

  • Une simplification des procédures de traitement des impayés de loyers ;
  • Une réduction des délais de recouvrement lorsque les impayés sont avérés et persistants ;
  • Une accélération des procédures concernant les situations juridiquement caractérisées comme relevant de la mauvaise foi ;
  • Un recours accru à certains outils juridiques, notamment le bail notarié, qui permet d’engager plus rapidement les démarches de recouvrement de la dette locative.

L’objectif serait de mieux protéger les revenus locatifs tout en conservant les garanties fondamentales accordées aux locataires.

Une mission qui ne fait pas l’unanimité

Si la mission gouvernementale sur les impayés de loyer suscite l’intérêt des propriétaires, elle fait également l’objet de critiques.

Une gouvernance jugée déséquilibrée

Certaines associations de défense des locataires estiment que la composition du groupe de travail favoriserait une approche centrée sur les préoccupations des propriétaires.

La mission rassemble différents profils : professionnels du droit, acteurs de l’immobilier, associations de consommateurs et représentants du secteur du logement. Néanmoins, sa présidence a été confiée à Sylvain Grataloup, président de l’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI). Or, ce choix suscite des interrogations chez certains observateurs.

Une démission qui interroge

Ce sentiment est renforcé par la démission du précédent président de la mission, Hugues Périnet-Marquet, président du Conseil national de la transaction et de la gestion immobilières (CNTGI).

Il aurait estimé que les travaux étaient trop centrés sur la problématique des impayés et des squats, au détriment d’une vision plus globale du logement.

Une lettre de mission jugée orientée

Enfin, la lettre de mission elle-même est critiquée pour son orientation jugée très focalisée sur les impayés de loyer, qui laisse penser à certains acteurs que l’approche pourrait être déséquilibrée dès le départ.

Comment sécuriser aujourd’hui ses loyers ?

Le parcours législatif d’une réforme de la loi du 6 juillet 1989 risque de prendre de longs mois. Mais pour sécuriser leurs loyers, les propriétaires peuvent actionner dès à présent plusieurs leviers.

Analyser la solvabilité des locataires

La sélection du locataire reste la première étape de la sécurisation locative. Il faut absolument analyser la solvabilité du candidat, tout en évitant les critères trop restrictifs.

Et contrairement aux idées reçues, les profils atypiques, comme les indépendants, les freelances, les intermittents ou les CDD, présentent très souvent une excellente stabilité financière. Il ne faut pas nécessairement s'en détourner.

Privilégier des garanties adaptées

Traditionnellement, de nombreux bailleurs s’appuient sur la caution d’un garant physique. Certes, ce dispositif est courant, mais il montre certaines limites, en particulier lorsque la situation se complique. La caution peut devenir :

  • Difficile à mobiliser en cas d’impayé et de dette locative ;
  • Incertaine si la solvabilité du garant évolue.

Par ailleurs, ce système peut exclure des candidats fiables, simplement parce qu’ils ne disposent pas d’un réseau familial ou personnel capable de se porter garant.

C’est pourquoi la garantie loyers impayés (GLI) s’impose comme la solution standard. Un dispositif comme Garantme permet par exemple de couvrir vos loyers dès le premier euro de retard, de prendre en charge les démarches juridiques et de vous indemniser sans attendre que la situation s’envenime.

 

*Source : BFM TV — Avril 2026

** Source : Banque des territoires — Mars 2026

 

Foire aux questions

Quelles sont les alternatives au garant physique pour sécuriser un loyer ?

Outre la caution classique, les propriétaires peuvent opter pour des solutions comme la Garantie Loyers Impayés (GLI) ou des dispositifs publics comme Visale, qui couvrent les risques sans dépendre d’un garant personnel. Ces options réduisent les exclusions tout en offrant une protection juridique et financière.

Comment la loi anti-squat influence-t-elle les expulsions locatives ?

La loi anti-squat a durci les procédures d’expulsion en accélérant les délais pour les occupations illégales, mais elle a aussi complexifié les situations où un locataire en règle devient occupant sans droit. Les propriétaires doivent désormais clairement distinguer impayés et squat pour éviter des recours abusifs.

Le bail notarié est-il vraiment plus efficace contre les impayés ?

Oui, car il permet une exécution forcée plus rapide des dettes locatives, sans passer par un jugement. Cependant, son coût et sa complexité administrative le réservent souvent aux baux à haut risque ou aux montants élevés, limitant son adoption massive.

Quels critères de solvabilité sont légalement interdits aux propriétaires ?

La loi interdit de refuser un locataire sur la base de critères discriminatoires (origine, situation familiale, handicap, etc.). En revanche, les propriétaires peuvent exiger des justificatifs de revenus (fiches de paie, avis d’imposition) ou un historique de location, à condition que ces exigences soient proportionnées et non discriminatoires.