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Comment héberger un proche à titre gratuit en location ?

Rédigé par Équipe garantme | 24 juin 2026 07:00:01

Accueillir un proche gratuitement dans un logement loué est une situation fréquente, mais souvent source de doutes. Entre liberté d’usage du locataire, règles du bail, assurances et éventuelles obligations déclaratives, la frontière entre hébergement autorisé et situation problématique n’est pas toujours évidente.

Héberger un proche dans un logement loué peut sembler anodin (enfant qui revient vivre temporairement, ami en difficulté, parent en transition, etc.). Pourtant, derrière cette pratique courante se cachent plusieurs enjeux juridiques et administratifs que beaucoup de locataires sous-estiment. Si le principe est simple, après tout, un locataire dispose librement de son logement, la réalité est bien plus nuancée. Durée de l’hébergement, absence de contrepartie financière, respect du bail ou encore obligations vis-à-vis de la CAF et de l’assurance habitation, chaque situation peut entraîner des conséquences différentes. Dans certains cas, l’hébergement reste totalement libre, alors que dans d’autres, il peut être requalifié en sous-location ou entraîner des démarches obligatoires.

Héberger un proche à titre gratuit dans un logement loué : est-ce légal ? 

En tant que locataire, avez-vous le droit d’héberger gratuitement l'un de vos proches dans un logement loué ? Faisons le point.

Héberger un proche : que dit la loi ?

Avant toute chose, sachez que oui, héberger un proche gratuitement dans un logement loué est légal. Selon l'article 7 de la loi du 6 juillet 1989, tout locataire a le droit de jouir librement de son logement, et donc d’y accueillir les personnes de son choix pour la durée souhaitée.

De plus, l’article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme garantit le respect de la vie privée et familiale. Ainsi, votre propriétaire bailleur ne peut pas s'immiscer dans vos choix de vie ni vous interdire d'héberger un proche à titre gratuit.

Les conditions à respecter

Toutefois, vivre en location implique de respecter certaines règles vis-à-vis de votre propriétaire bailleur et de la copropriété, y compris lorsqu'il s'agit d'héberger un proche.

Premièrement, le logement loué doit conserver sa destination d'habitation. Votre hébergé ne peut pas y exercer une activité professionnelle ou commerciale, sans l'accord de votre propriétaire. Autre point essentiel, l'absence de contrepartie financière. Dès lors que votre hébergé participe au loyer ou vous verse une somme d'argent en échange de son hébergement, on ne parle plus d'hébergement à titre gratuit, mais de sous-location, qui obéit à des règles bien différentes.

De même, en tant que locataire hébergeur, vous restez responsable du respect du règlement de copropriété par la personne hébergée. Si cette dernière cause des nuisances sonores, des troubles dans l’utilisation des parties communes, ou tout autre manquement, votre propriétaire peut vous les imputer.

Hébergement gratuit et sous-location, quelle différence ?

C’est la contrepartie financière qui distingue l’hébergement d’une sous-location.

En effet, on parle de sous-location lorsqu’un locataire décide de mettre lui-même en location tout ou partie du logement qu’il occupe (et dont il a signé le bail) en échange d’une contrepartie financière. Habituellement interdite par les baux locatifs, la sous-location est réglementée. S’il constate une sous-location illégale de son bien, le propriétaire bailleur peut engager une procédure pour faire résilier le bail et demander l’expulsion du locataire.

Sous-louer son bien sans en informer le propriétaire au préalable est donc interdit. Cependant, beaucoup de locataires ont tout de même recours à cette pratique, lors d’un déplacement à l’étranger ou de périodes de vacances, par exemple. 

Mais alors, est-ce que votre propriétaire bailleur peut s'opposer à un hébergement gratuit ? En principe, non, votre propriétaire ne peut pas s’opposer à ce que vous hébergiez un proche chez vous à titre gratuit. Il existe cependant une exception : la clause d'habitation personnelle. Certains baux locatifs mentionnent effectivement que le logement est réservé à l'usage exclusif et personnel du locataire et de sa famille. Si une telle clause figure dans votre contrat, héberger un tiers (et ce, même gratuitement) pourrait être considéré comme une violation du bail. Avant d'accueillir quelqu'un, pensez donc à relire attentivement votre contrat de location.

Locataire hébergeur : quelles sont vos obligations et responsabilités ?

Héberger un proche, même gratuitement, implique aussi des risques et des responsabilités.

Assurance habitation : est-ce que vous couvrez votre hébergé ?

Votre assurance habitation couvre-t-elle les personnes hébergées sous votre toit ? C’est un point à vérifier avant d’accueillir un proche pour une longue durée.

En assurance, la couverture pour les "personnes vivant au foyer" implique que les dommages causés accidentellement par votre hébergé peuvent être pris en charge par votre assurance. Toutefois, cette couverture varie selon les polices d’assurance. Certaines compagnies limitent la notion de "foyer" aux membres de la famille ou aux personnes déclarées. De fait, avant d'accueillir quelqu'un, vérifiez les conditions de votre contrat auprès de votre assureur pour le mettre à jour si nécessaire.

Déclarer l'hébergement à la CAF : êtes-vous concerné ?

Bénéficiez-vous d'aides au logement de la Caisse d’Allocations Familiales ?

Si oui, vous avez l'obligation de déclarer tout changement dans votre situation à la CAF, dont l'arrivée d'une personne supplémentaire dans votre foyer, car le calcul de vos aides tient compte de la composition de votre foyer et de vos ressources. Ne pas déclarer l'hébergement d'un proche peut être considéré comme une omission, voire une fraude aux prestations sociales

Enfin, du côté de la personne hébergée, elle aussi doit déclarer sa situation à la CAF. Un hébergement à titre gratuit constitue un avantage en nature qui peut être pris en compte dans le calcul de ses propres droits aux aides sociales.

Quels impacts fiscaux pour l'hébergeur et l'hébergé ? 

Bonne nouvelle du côté du locataire hébergeur, héberger un proche à titre gratuit n'entraîne aucune imposition supplémentaire. Comme vous ne percevez aucun loyer, il n'y a aucun revenu locatif à déclarer aux impôts. Mais, du côté de la personne hébergée, la situation diffère : être logé gratuitement constitue un avantage en nature, qui peut être pris en compte dans le calcul de ses obligations (tout comme pour ses droits).

Quant à la taxe d'habitation, bien qu'elle soit supprimée pour les résidences principales, elle reste due pour les résidences secondaires. Ainsi, si la personne que vous hébergez est considérée comme occupant d'une résidence secondaire au 1er janvier de l'année, elle pourrait en être redevable.

Attestation d’hébergement : notre modèle de lettre à remplir

Vous voulez faire parvenir une attestation d'hébergement à votre propriétaire pour l'avertir de la présence d'un proche ou ami dans votre foyer, à titre gratuit ? Voici un modèle de lettre que vous pouvez utiliser.

Objet : Attestation d’hébergement sur l’honneur

Je soussigné(e) [Prénom et nom de la personne qui héberge], né(e) le [Date de naissance] à [Ville de naissance], déclare sur l'honneur héberger [Prénom et nom de la personne hébergée], né(e) le [Date de naissance] à [Ville de naissance], et ce, depuis le [Date de début d'hébergement] à mon domicile situé à l'adresse suivante :

[Adresse]

[Code postal et ville]  

À [Ville], le [date]

[ Signature ]

[Prénom et nom de l’hébergeur] 

 

En bref, héberger un proche dans un logement loué est en principe autorisé, tant qu’il s’agit d’un accueil gratuit et qu’aucune disposition spécifique du bail ne s’y oppose. Mais cette liberté n’est pas totalement sans cadre : assurance habitation, obligations vis-à-vis de la CAF, respect du bail et absence de contrepartie financière sont autant de points à surveiller pour éviter tout risque de requalification ou de litige.

 

Foire aux questions

Peut-on héberger un proche dans un logement social sans risque ?

Oui, mais sous conditions. Les logements sociaux (HLM) sont soumis à des règles strictes concernant la composition du foyer. Vous devez déclarer l’hébergement à l’organisme gestionnaire, qui peut vérifier si le logement reste adapté à la taille du foyer. Une non-déclaration peut entraîner des sanctions, voire la résiliation du bail.

Quels sont les risques si mon hébergé cause des dégradations dans le logement ?

En tant que locataire, vous êtes responsable des dommages causés par votre hébergé, même à titre gratuit. Votre assurance habitation peut couvrir les réparations, mais certaines polices excluent les tiers non déclarés. Vérifiez votre contrat et, si nécessaire, informez votre assureur pour étendre la couverture.

L’hébergement gratuit peut-il impacter mes droits à la prime d’activité ?

Oui. La prime d’activité est calculée en fonction de vos revenus et de la composition de votre foyer. Si votre hébergé contribue aux charges (nourriture, électricité, etc.), cela peut être considéré comme un avantage en nature et influencer le montant de votre aide. Une déclaration à la CAF est obligatoire pour éviter tout redressement.

Un propriétaire peut-il exiger une caution pour un hébergé à titre gratuit ?

Non. La loi n’impose pas de caution pour un hébergement gratuit, car il ne s’agit pas d’une location. Cependant, certains bailleurs incluent des clauses restrictives dans le bail (comme l’interdiction d’héberger des tiers). Relisez votre contrat pour éviter tout litige.