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Habitat dégradé : quelles solutions pour votre logement ?

Rédigé par Équipe garantme | 23 févr. 2026 08:00:07

Selon l’Observatoire des inégalités, plus de 2,2 millions de personnes vivent dans un habitat dit "dégradé" en France. Ce terme qualifie l’ensemble des logements qui présentent des dégradations intérieures ou extérieures, des manquements à l’hygiène, et/ou qui portent atteinte à la santé ou à la sécurité de ses occupants.

Mais que faire si votre logement est en mauvais état, voire insalubre ? Quels sont les recours juridiques ? Garantme fait le point sur les solutions possibles face à un habitat dégradé.

Habitat dégradé, insalubre, indécent : quelles différences ?

Un habitat insalubre est-il dégradé, et inversement ? Faisons tout d'abord le point sur ces différents termes et leur portée juridique.

On dit d’un logement qu’il est dégradé lorsqu’il est en mauvais état, mal entretenu ou détérioré. Cela peut être causé par des équipements vétustes, des murs, sols, ou plafonds abîmés, une mauvaise ventilation causant des problèmes d’humidité, des infestations de nuisibles, etc. Attention toutefois, le terme d'habitat dégradé est couramment utilisé dans le langage courant et les politiques publiques, bien qu'il n’ait pas de définition juridique précise.

Ainsi, la loi distingue plusieurs niveaux de gravité en termes de dégradations : 

  • Un logement non décent ne respecte pas les critères minimaux exigés pour être loué (surface, équipements essentiels, ventilation, sécurité). C’est un manquement clair du propriétaire, qui ne présente pas de danger immédiat pour l’occupant ; 
  • Un logement non conforme aux règles d’hygiène et de salubrité présente des défauts liés à l’humidité, à l’aération et aux sanitaires.
  • Un logement présentant un risque pour la sécurité expose ses occupants à un réel danger (effondrement, incendie, installations dangereuses) et peut faire l’objet d’un arrêté de mise en sécurité.
  • Un logement insalubre ou indigne met en danger la santé et/ou la sécurité des occupants.

Qu’est-ce qu’un logement insalubre ? 

La loi du 13 avril 1850 définit un logement insalubre comme étant un habitat potentiellement nocif pour la santé et la sécurité physique de ses occupants. On parle aussi d’habitat indigne, c'est-à-dire portant atteinte à la dignité humaine. Cette notion englobe l’insalubrité du logement, mais aussi l’état de péril, qui concerne la sécurité et l’état du bâtiment. Les logements en état d’insalubrité ne peuvent évidemment pas être proposés à la location.

Quels sont les critères pris en compte ? 

  • L’exposition à la lumière naturelle, puisque le logement doit bénéficier d’au moins une ouverture sur l’extérieur ;
  • La superficie, puisque la surface habitable doit être d'au moins 9 m² et la hauteur sous plafond d’au moins 2,20 mètres, ou bien un volume habitable d’au moins 20 m³ ;
  • L’aération et le taux d’humidité ;
  • L'isolation thermique et acoustique ;
  • La présence de matériaux nocifs pour la santé comme l’amiante ou le plomb ;
  • La sécurité, avec un risque d'effondrement du bâtiment, des risques d’incendie ;
  • L'absence de certains équipements indispensables (comme une cuisine ou une salle de bain) ou de réseau électrique. Le logement doit être équipé de certains éléments de base pour le confort de l’occupant : système de chauffage adapté, débit suffisant d’eau potable, évacuation des eaux usées, installations sanitaires conformes, etc. ;
  • La propreté, l’entretien et l'état des installations, car un logement trop sale ou endommagé, si proposé à la location, peut être considéré comme insalubre. 

Les facteurs de dégradations sont donc nombreux (escaliers instables, logement présentant un risque d'intoxication au monoxyde de carbone, équipements électriques dangereux, moisissure, ou présence de nuisibles tels que des rongeurs, des cafards, des punaises de lit, etc.).

Quels sont les recours en cas de non-respect des règles d’hygiène et de salubrité ?

Habitat dégradé : comment réagir en cas de risque pour la sécurité ou la santé ?

Votre logement est insalubre ou dégradé ?

S'il présente des risques pour votre santé ou votre sécurité, vous devez réagir très vite. Informez immédiatement votre propriétaire bailleur, par courrier recommandé avec accusé de réception, de l’état d’insalubrité du logement. Accompagnez-le de preuves photographiques. Si votre propriétaire conteste les faits ou ne prend pas les mesures nécessaires (travaux, relogement), saisissez ensuite le préfet, qui organisera une visite du logement par le service communal d’hygiène ou l’Agence régionale de santé. Un rapport officiel sera établi afin d’évaluer les risques pour votre santé et votre sécurité. 

Si l’état d'insalubrité est confirmé, le préfet prend un arrêté de traitement de l’insalubrité, remédiable ou irrémédiable. Dans le premier cas, des travaux sont imposés au propriétaire. Dans le second, l’occupation du logement sera interdite.

Bon à savoir : Tant que l’arrêté est en vigueur, le bail est suspendu et le loyer n’est plus dû.

Où trouver de l’aide en cas de logement dégradé ou insalubre ?

Vous vous demandez peut-être où trouver de l’aide pour faire valoir vos droits en cas d’habitat dégradé ? Plusieurs organismes peuvent vous accompagner gratuitement dans vos démarches.

  • L’ANIL (Agence nationale pour l’information sur le logement) vous apporte un soutien juridique neutre et vous informe sur les droits et obligations des locataires.
  • L’ADIL (Agence départementale pour l’information sur le logement), présente dans chaque département, propose aussi des consultations gratuites et personnalisées.
  • Plusieurs associations de défense des locataires assistent également les personnes en situation d’habitat dégradé dans leurs démarches et peuvent assurer l'intermédiaire avec le bailleur.
  • Votre mairie peut déclencher une visite du logement et alerter le préfet en cas de risque sanitaire.
  • La Caisse d’Allocations Familiales (CAF) a la possibilité de vous orienter vers des aides spécifiques ou des solutions de relogement.
  • L’ARS (Agence régionale de santé) peut intervenir si votre santé est impactée par l’insalubrité de votre logement. Elle intervient notamment pour les situations d’insalubrité ayant un impact sur la santé.

Que risque un propriétaire qui loue un logement dégradé ou insalubre ?

Si un propriétaire bailleur est mis au courant de l’état d’insalubrité de son logement et continue à le louer sans prendre de mesures ou réaliser des travaux, il risque une mise en demeure, ainsi que des poursuites pénales. Il se verra alors obligé de réaliser les travaux nécessaires dans un délai imparti. De plus, il risque de payer 1 000 € d’indemnité par jour de retard, en plus d'avoir l'obligation de reloger ses locataires le temps des travaux, à ses frais.

Dernier point, et non des moindres, si le logement insalubre fait l'objet d'une interdiction définitive d’occupation, la loi impose au propriétaire de reloger tous les occupants et de leur verser une indemnité, dont le montant est égal à trois mois du nouveau loyer, afin de couvrir les frais de réinstallation.